samedi 30 mai 2009

29 ans... ça file !

Tout d'abord, je vous remercie pour vos charmants petits mots! Ca m'a fait bien plaisir de voir que vous pensiez à moi ! Merci aussi à l'homme que j'aime et qui  de l'autre côté de la planète, vous l'a peut-être un peu soufflé. Merci à Facebook qui a du un peu aider... Je m'excuse si je n'ai pas encore pu  répondre personnellement à tous.

Certains m'ont demandé si je n'avais pas été trop tristounette dans ma montagne ce jour là. Je vous rassure, j'ai passé une très belle journée et soirée du 25 mai à Maesot avec l'ensemble de mes collègues. On est une bonne bande et on se marre bien. On a fait un gros apéro, accompagné de vin (rare ici!). L'apéro était chouette, j'ai soufflé mes bougies sur une pizza et j'ai reçu un joli collier birman. Très sympathique !  La petite soirée en image ! 

Les pizzas étaient pas top bonnes mais c'était pas grave, ça me changeait de mon riz quotidien. Par contre, j'avoue que, sortant d'une crasse que j'avais chopée (genre parasites) et dont j'ai mis plus de 3 semaines à me débarasser, j'ai un peu eu du mal à supporter le vin le lendemain.... 


Ensuite, nous avions organisé une petite fête "team building" (et anniversaire) à Umphang. Au programme, coca, riz  sauté et soupe tam Yian. Autre genre, autre ambiance, mais sympathique également ! Ce fut l'occasion de passer un petit moment informel avec toute l'équipe de Umphang (25 personnes) et cloturer la période pas très comique que nous venons de traverser, la moitié des chauffeurs et logisticiens ayant été gentillement (ou moins gentiellement) remerciés....Tout semble s'apaiser maintenant ! Croisons les doigts....

Quelques photos de mon équipe à Umphang. Celle-ci est une photo de mes préférés, Mu Lay Thoo et Baw Shee (a oui faut s'accrocher avec les noms birmans!), les deux infirmiers superviseurs qui se donnent à 100% pour le projet. Ils sont adorables !

samedi 23 mai 2009

Visites à la ville

Ce WE, je suis en vadrouille à Maesot. Je viens y fêter dignement mes 29 ans! En fait, je me suis instauré un petit rythme de visite à la ville de Maesot tous les 15 jours environs. 3h30 de route sinueuse dont je commence à connaître et anticiper tous les tournants.... et hop, retour à la civilisation! En général, je m'arrête à mi parcours où je passe la journée dans l'un des camps où je travaille, Umpiem.  


Mais qu'est ce que je fais à Maesot ? Je me dois de vous donner quelques explications! 

Mon équipe de coordination se trouve à Maesot et j'y ai des réunions régulières avec diverses personnes. Par équipe de coordination, on entend dans l'humanitaire, l'équipe "support" et « projets transversaux ». 

L'équipe "finances et ressources humaines", par exeample s'occupe de tous les contrats et demandes d'argent à paris ainsi que de la comptabilité. Moi, je ne fais que superviser le travail de ma « base », Umphang, signer les contrats de travail et les retraits bancaires. Ouf, après une année à avoir fait ça au Burkina, je suis contente de ne plus devoir m'en charger ! 

La coordinatrice logistique s'occupe d'encadrer techniquement les travaux de réhabilitation dans les camps. Petite parenthèse nécessaire, les camps devant être  construits avec des matériaux temporaires en vertu de la législation thai, l'hôpital est fait de bambou et eucalyptus. C'est superbe ! Mais…chaque année, tout est à refaire avant la saison des pluies ! La "coordo Log", jargon humanitaire, basée à Maesot s'occupe d'encadrer ce travail dans les 3 camps. Heureusement, car si on me demande combien de morceaux de bambous on a besoin pour refaire le toit de l’hôpital, eu…. Je donne mon joker ! 

Après, on a les projets transversaux thématiques comme le projet « psy » qui s’occupe des nombreux problèmes psychologiques de type addiction à la drogue, suicide, violences intra familiales, de lapopulation traumatisée des camps. Et le projet HIV qui s’occupe de prise en charge médicale des malades du sida mais aussi et surtout de sensibilisation à la non-discrimination de ces personnes. 

Last but not least, à Maesot se trouve mon nouveau chef  « Country Director » comme on l’appelle. M. Olivier vient d’arriver, il découvre encore et ne comprend pas encore tout à cette problématique extrêmement complexe mais franchement il est plein d’expérience et je pense que je vais beaucoup apprendre avec lui ! Puis je ne suis plus seule face à tous mes soucis qui continuent quand même un peu… Il viendra me rendre visite tous les mois à Umphang !

samedi 16 mai 2009

Pensée particulière à mon amie Marie

Et oui, c'est aujourd'hui que mon amie Marie s'engage dans les liens du mariage avec Paul. Pleins de pensées positives à eux. 
Mariage civil aujourd'hui et maraige religieux dans un mois et demi. J'y serai pour y témoigner.... Retour en Belgique prévu donc à la fin juin pour des vacances ! 

Période bien animée

Alors, cela fait un bout de temps que je n'ai pas donné de nouvelles. En fait, j'ai enchainé plusieurs petits périples ces dernières semaines avec seulement des passages éclairs chez moi. Pas eu le temps donc de me poser pour vous raconter ma petite vie ici. Mais ça signifie que je ne me suis pas ennuyée !

Tout d'abord, j'ai passé un WE à Bangkok où j'avais la visite de Renaud, un copain rencontré lors de l'une de mes formations. J'ai découvert Bangkok et son animation, ses tuk-tuk,embouteillages et ses grands magasins. Le choc ! Quelle agitation à côté de mon village de montagne.

J'ai ensuite participé à un colloque de deux jours sur la stratégie des ONG travaillant dans les camps à la frontière birmane. C'était très intéressant et nous avons essayé de trouver des issues à la situation complètement bloquée qui prévaut dans les camps depuis plus de 15 ans. Ce n'est pas demain qu'on arrivera à changer les choses mais pas à pas, petit à petit, on commence à voir un peu de lumière au bout du tunnel. Cette dépendance totale à l'aide humanitaire depuis tant d'années n'est pas normale. On "commence" à y réfléchir ensemble, ce qui est un bon début !


Mes parents sont arrivés dans la foulée et nous nous sommes envolés pour Pucket, absolument odieux. Les constructions ont été refaites trop vite après le tsunami. Mais heureusement, nous avions réservé un superbe hôtel avec une charmante piscine et vue sur la plage. Je vous propose de faire un petit tour sur ce lien pour y trouver les photos. Une chouette petite pause vacances qui m'a fait beaucoup de bien.

J'ai aussi passé un long WE à chiang Maï avec une série de mes collègues. Encore quelques photos !

Et oui, j'ai reçu pour mon anniversaire (un peu à l'avance) un super appareil photo de la part de mon homme et de mes parents ! Je vais pouvoir mitrailler à nouveau...
Ensuite redépart pour des semaines de folie avec une grippe A (pour ne pas dire porcine puisqu'on ne peut plus) et une épidémie de choléra qui nous guette dans les camps. Les plans catastrophes doivent être préparés, révisiés, les équipes doivent être formées. Retour à la réalité donc. Accrochez vous! Mais tout ça est passionant et j'aime beaucoup ce que je fais...

dimanche 19 avril 2009

Etrange situation dans les camps

Plus j'essaie de comprendre ce qu'il se passe ici et plus je prends conscience de la complexité de la situation. Mon ONG travaille dans 3 des 9 camps qui existent aujourd'hui à la frontière entre le Myanmar (ex-Brimanie) et la Thaïlande. Dans les camps, nous avons principalement des Karens qui ont fui leur pays. Ils ont traversé la frontière pour atteindre un lieu plus sur ou encore... un endroit où ils envisagent un avenir plus clément. 

A la frontière, des karens, des birmans et des thaï bien entendu, mais pas tant que ça. 
Dans la ville frontière de Maesot à 3h de Umphang, idem beaucoup de karens, birmans et autres, des bangladeshi finalement thai (présents depuis 3 générations), beaucoup de prostitution comme souvent dans les villes frontières.
 
Des migrants partout et finalement, peu de thaï purement "thaï". Les karens thaï ont la nationalité thaï mais appartiennent à l'éthnie karen. Les migrants issus du pays voisin viennent travailler dans le commerce et les industries sur la frontière. Certains ont des papiers leur donnant l'accès au travail en Thaïlande, d'autres pas. Pourquoi ? Comment font-ils ? Encore des questions auxquelles j'ai du mal de répondre aujourd'hui. Tellement de tabous, tellement de non-dits qu'au final on a du mal à comprendre ce qu'il se passe réellement ici.

Dans les camps, beaucoup de monde, de plus en plus de monde, malgré les conditions de vie qui sont franchement extrêmement difficiles. Les réfugiés n'ont pas le droit de sortir, ils n'ont officiellement pas le droit de travailler. La théorie voudrait donc qu'il n'y ait aucun échange d'argent à l'intérieur des camps et que les réfugiés soient entièrement dépendants de l'aide humanitaire, tant pour l'alimentation, que pour la construction et restauration des maisons, l'éducation des enfants, la formation des jeunes adultes et les soins de santé préventifs et curatifs. 

De fait, nous ne faisons payer aucun soins de santé dans les hôpitaux des camps. Tout est gratuit. 

Mais.... aussi étrange que cela puisse paraître, il existe des marchés à l'intérieur des camps, où on  trouve les mêmes genres de produits que dans les villages voisins thai. Et les gens achètent. Il y a donc des échanges d'argent.... L'officieux passe donc au dessus de l'officiel. Une fausse autarcie en vase plus ou moins clos s'est donc installée....

L'indépendance !

La veille de mon départ, je prépare mes bagages. J'essaie d'être disciplinée car au milieu de mes nombreuses caisses, de mes bagages pour Montreal et ceux pour une mission..... Je retrouve tout saauf.... mon permis de conduire international.... Zut alors ! Impossible de le retrouver. J'ai du l'égarer dans l'une de mes nombreuses maisons d'accueil de mes 15 derniers jours (merci à tous ceux qui m'ont accueilli d'ailleurs !). 

A mon arrivée à Maesot, on m'explique que les expats ont le droit de conduire les voitures du projet disponibles le soir et les WE mais pour ça.... il faut un permis de conduire. J'ai tenté de faire une équivalence entre le permis belge pour obtenir le thai (ça aurait été drole !) mais fallait se taper 18 services administratifs différents. J'ai laissé tomber au bout de 3. Trop compliqué! J'ai donc passé deux mois à être fort dépendantes des déplacements de mes collègues... Et oui, les mobyletttes, c'est interdit pour les expats. Les compagnies d'assurance ne veulent pas nous assurer sinon, quelle absurdité !  

Et j'ai demandé à ma charmante belle-soeur, Lucie, de se rendre par deux fois à la commune de Mons pour me faire faire un permis de conduire international. Merci encore à elle ! 

Je viens donc de faire mes "premiers pas" de la conduite à droite avec des gros 4*4 et le volant à gauche. Ou que c'est bizarre... et perturbant ! Le changement de vitesse à la main gauche. 
Et heuresuement qu'il ne pleuvait pas car quand tu veux mettre le clignoteur, tu te retrouves avec les essuis glace et inversément ! 
Mais quelle indépendance...

mercredi 15 avril 2009

Bangkok est loin

Pour ceux qui s'inquiètent pour moi.... (merci pour les nombreux messages), je vous rassure tout de suite. Les tensions dont vous avez entendu parler et les images que vous avez pu voir ne sont pas d'actualité ici ! 

Pas un seul T-shirt rouge dans les rues de Umphang. Par ailleurs, j'étais eu beau milieu de la montagne en trekking avec mes potes de sorte que c'est limite si ce n'est pas vous qui me l'avez appris (non quand même) ! 

Il est clair que la situation est tendue à Bangkok mais on a l'impression que les revendications restent non violentes. Il y a certes eu 2 morts et plus de 100 blessés mais juste après ces violences, le mouvement des rouges a décidé d'interrompre les hostilités, pour un temps. 

Le problème n'est pas résolu puisque ce mouvement demande la démission du gouvernement en place et n'a pas eu gain de cause. Il est donc possible qu'il se passe d'autres événements dans les mois à venir mais pour le moment, rien d'inquiétant pour ma petite personne !

De la visite dans ma montagne


He, bien, comme prévu mes amies, Florence et Virginie (alias Flo et Vi) sont venues me rendre visite en ces temps de fêtes en Thaïlande. Nous fetons en effet depuis 5 jours "sangkran" le nouvel an thaï. La formule est simple, on boit du whisky thaï, on chante (Karaoke) et.... on asperge tout le monde. Et pour tout ça on a congé pendant 5 jours. 
Depuis une semaine donc, c'est la grande fête dans toute la Thaïlande, tout le monde a pris congé, et va en visite dans la famille. Pas moyen de se balader sans être littéralement trempé. On asperge mais à coups de seaux d’eau, et non de gentils pistolets à eau ! Le gouvernement thai se plaint d’ailleurs de la quantité d’eau gaspillée chaque année (quels rabat-joies ceux-là).

Flo et  Vi ont pris deux jours de retard car les bus étaient bondés et elles n’ont pas trouvé la connexion qu’il fallait pour me retrouver à Maesot. Mais elles y sont finalement parvenues et on a passé trois chouettes journées. Je leur ai fait découvrir mon village, ma maison, et la région. 

Nous avons en effet fait un trekking de deux jours qui se terminait par les plus belles cascades de Thaïlande, à une heure et demi de Umphang. Un peu de bateau sur la rivière, 4h de rando à travers les bamboos, une nuit sous tente et enfin la découverte de cette splendide cascades. J’ai même testé le saut de 5 mètres dans la cuvette. Un endroit magnifique ! Nous avons papoté comme de vraies filles pendant plus de 72h .... il y avait très peu de silences, bizarrement ! ça m'a changé de mes soirées en solitaire ! 

C’était super gai de pouvoir papoter avec mes amies et de pouvoir partager mon quotidien avec elles. Merci à elles pour le « petit » détour par chez moi !

Je vous propose de jeter un œil aux photos sur mon album picasa, ici !